Loin des clichés, comment les jeunes voient le monde de l’entreprise

28/10/2019
Loin des clichés, comment les jeunes voient le monde de l’entreprise

- Article par Bérangère Lepetit, Le Parisien

Entre désir de créer sa propre entreprise, équilibre avec la vie personnelle et volonté de donner un sens à son boulot, la génération des 20-30 ans réinvente son rapport au travail.

Le jeune de 2019 serait donc un geek. Le nez rivé sur sa tablette, il aurait un problème avec l'engagement, l'autorité, le travail. Surtout, loin des idéaux de ses parents, il n'aurait pour seul moteur que son individualisme forcené qui l'amènerait à naviguer d'un employeur à un autre sans réel objectif. Qui n'a pas déjà entendu ces clichés qui collent aux semelles des fameuses « générations X » ou « Z »?

Ces idées reçues sont pourtant battues en brèche par les études les plus récentes qui portent sur les relations qu'entretiennent les jeunes nés à partir du milieu des années 1980 avec le monde du travail. Selon le dernier baromètre Santé et qualité de vie au travail de la mutuelle Malakoff Médéric (sondage réalisé par l'Ifop auprès de 4552 salariés entre le 17 mai et le 20 juin 2019), 76 % des 18-29 ans se déclareraient satisfaits de leur travail. Ils seraient près de huit sur dix (78 %) à trouver du sens à leur activité professionnelle, à égalité avec les autres générations. Mieux, ils auraient même une vision plus dynamique de leur carrière que leurs aînés.

Selon une autre enquête Parlons travail, réalisée cette fois par l'organisation syndicale CFDT en 2016, les 20-30 ans ne nourriraient pas une vision ultra-pessimiste du monde du travail. Si un répondant sur deux (quel que soit l'âge) déclare que le chômage est « une mauvaise passe », les 15-29 ans le considèrent moins « destructeur » que leurs aînés (31 % pour les 45 ans et plus, contre 18 % pour les 15-29 ans). Pour 31 % d'entre eux, ce serait même une « parenthèse bienvenue », un « tremplin pour rebondir ».

L'épanouissement personnel et le fait d'avoir du travail

« Arrêtons avec cette peur du jeune compétiteur ultra-individualiste ! » alerte Julie Bene, sociologue à l'Injep (Institut national de la jeunesse et l'éducation populaire). « Le travail garde une place prépondérante dans la vie des jeunes, mais ce rapport évolue en fonction du niveau d'études. Les plus diplômés visent davantage que leurs aînés l'épanouissement personnel. Pour les autres, ce qui est le plus important, c'est principalement le seul fait d'avoir du travail », résume la sociologue.

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